mardi 19 février 2013

Faut-il qu’on s’accroche à une grue pour être entendu-e-s ?

Communiqué de presse - lundi 18 février 2013

Suite à l’action spectaculaire et médiatique de deux hommes perchés sur une grue, le Premier Ministre a demandé à la Garde des Sceaux et à la Ministre déléguée à la famille de recevoir l’association « SOS Papa » qui soutient ces deux individus. Osez le féminisme ! est abasourdie par l’audience qui leur est ainsi accordée.

Osez le féminisme ! tient à dénoncer les idées nauséabondes qui se cachent derrière leur « lutte » pour les droits des pères. « SOS Papa » est une association réactionnaire, lesbophobe et antiféministe qui fustige le mariage pour toutes et tous en parlant d’un « lobby lesbio-féministe »; ou invoque Louis XIV pour dénoncer le fait que le Président de la république vive en concubinage avec sa « maîtresse » (http://www.sos-­papa.net/pages/actualite/actualite039.htm).
Ces mouvements répandent un discours de haine à l’encontre des femmes.

Alors que le Premier Ministre moquait le « un fait divers, une loi » de Nicolas Sarkozy, nous ne comprenons pas pourquoi il fait de ces deux cas individuels un enjeu de politique publique.

Si l’on regarde les chiffres, la situation de ces deux pères n’est absolument pas représentative de la situation des pères divorcés. Dans seulement 2% des cas, l'autorité parentale exclusive est attribuée par le juge à l'un des deux parents. Et s’il est vrai que dans 71% des cas, la résidence principale est accordée à la mère, seuls 20% des pères la demandent. En tant qu'association féministe, nous défendons la coparentalité, le partage équitable des responsabilités familiales, le droit pour chaque parent de s'impliquer dans l'éducation de son enfant, sauf... en cas de violences conjugales, sexuelles ou de maltraitance de l'enfant où la justice doit statuer.

Recevoir cette association au nom d’un soi-­disant principe d’égalité entre femmes et hommes est un véritable affront aux associations féministes qui se battent quotidiennement contre les inégalités femmes-­hommes. Nous avons donc demandé à être également reçu-­e-­s par les ministres Mmes Bertinotti et Taubira, en espérant ne pas avoir à nous accrocher à une grue pour être entendu-­e-­s.

Contact presse
Claire Serre-­Combe

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